Tabaski dans un contexte de Covid-19 : Les moutons en attente, les clients dans les calculs

La rédaction 28 juillet 2020

Le 31 juillet, les fidèles musulmans célèbrent l’Aïd El Kébir. Dans un contexte de Covid-19, les moutons sont chers tandis que le pouvoir d’achat des populations s’amenuise. Le marché de bétail de Vodjè à Cotonou grouille de monde, mais les clients se retournent pour la plupart bredouilles.

Pendant une trentaine de minutes, le couple Mamadou sillonne le marché de bétail de Vodjè. Posément, ils admirent la taille et la corpulence des bêtes. Mais après avoir négocié le prix des moutons, le couple se retourne bredouille. « Nous n’avons que 50 000 Fcfa. Nous allons donc revenir demain », se désole Mamadou. Tout comme ces derniers, nombreux sont les fidèles musulmans qui viennent dans le marché et qui en ressortent sans pouvoir s’approvisionner. « Je ne peux pas l’acheter à ce prix-là », lance un client à l’endroit du vendeur qui lui propose 75 000 Fcfa l’unité.
Le site grouille pourtant de monde. A l’entrée du marché, le bêlement incessant des moutons créé carrément un vacarme. D’autres animaux sont encore attendus sur les lieux les jours à venir. Cet après-midi du lundi 27 juillet, trois camions transporteurs, stationnés à l’angle gauche du marché viennent d’en décharger quelques dizaines, de poils uniques ou hybrides qui trottent sur des brindilles d’herbes répandues çà et là.

« La Covid ne nous permet pas d’importer les moutons… »

Les vendeurs se tiennent près des étables où les moutons broutent des herbes suspendues et pendantes sur des cordes. Ils interpellent les potentiels clients qui font leur entrée dans le marché. « Chef, qu’est-ce que tu veux », lancent-ils à tout arrivant. A moto comme en voiture, des fidèles musulmans descendent sur le marché et parcourent les lieux en questionnant sur les prix des moutons.
D’après Ismaël Ali, l’affluence dans le marché n’est pas mal. « Les clients viennent mais le prix des bêtes a connu une hausse cette année. Les prix varient entre 50 000 et 120 000 Fcfa en fonction de la corpulence de l’animal. Et ceci est lié à la pandémie du coronavirus qui ne nous permet pas d’importer les moutons par voie terrestre parce que les frontières sont fermées. Nous les importons par voie fluviale depuis le Niger, le Burkina et le Nord du Bénin et nous enregistrons souvent des pertes par noyade de certains moutons ».
Dans ce contexte, les clients sont appelés à débourser un peu plus pour s’offrir des moutons. Au dire du représentant des vendeurs de ce marché de bétails, les contraintes liées à l’importation pourraient être source de pénurie dans les prochains jours. Dans tous les cas, quel que soit le coût du mouton, la Tabaski aura lieu. Vendeurs et clients rencontrés sur place ne désespèrent pas.
Elvire AGOSSOU et Gaston AMOUSSSOU (Stags.)





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