Le football béninois pris en otage par ses supporters et la presse ?

La rédaction 14 juin 2022

La question mérite d’être posée, quand on se remémore certains faits troublants qui interpellent.
- 2008 : Le Bénin est qualifié pour la CAN organisée, conjointement, par le Nigeria et le Ghana. Lors du stage de préparation des Écureuils en Tunisie, Mouri Ogunbiyi, qui joue dans ce pays (Etoile Sportive du Sahel), refuse de rencontrer le sélectionneur national l’Allemand Reinhardt Fabisch. Il prend un avion et rentre dans son Nigeria natal, A l’issue d’un stage assez tronqué, l’équipe nationale rentre au pays. Le jour du départ pour le Ghana où le Bénin doit jouer ses matchs de poule, la délégation est invitée à la Présidence de la République pour prendre le drapeau national, en tant qu’ambassadeurs du pays. Mouri Ogunbiyi refuse de répondre à l’invitation du Chef de l’État. Le drapeau sera remis à la délégation, sans lui.

Un allemand pour réparer l’injure
Face à ses comportements injurieux, le coach Reinhardt Fabisch décide d’expulser Mouri Ogunbiyi de l’effectif. Il sera soutenu, de vive voix, par le Ministre des Sports Galiou Soglo, lui-même sportif de haut niveau en arts martiaux.
Le coach Fabisch n’aligne pas Mouri pour le premier match, face aux Aigles du Mali. Le Bénin perdra ( 0-1). Il s’ensuivra une implosion populaire au Bénin, sous un déluge de la presse qui, dans sa grande majorité, prendra fait et cause pour le joueur. La déferlante atteindra les supporters qui avaient fait, nombreux, le déplacement au Ghana. Aussitôt, un branle-bas s’empare d’eux. Ils invitent le Ministre Galiou Soglo à l’hôtel où ils étaient logés. Avec l’idée de lui faire regretter son crime de lèse-majesté, pour avoir osé défier le tout-puissant Mouri Ogunbiyi. Lui, le Ministre qui avait introduit leur dossier en Conseil des Ministres pour financer leur déplacement et leur séjour, tous frais compris, était devenu le traître à la Nation. Pour défendre un joueur qui avait refusé de respecter le chronogramme du stage de préparation de l’équipe. Et qui, par surcroît, avait bafoué l’Autorité du Président de la République en refusant d’aller prendre le drapeau national, symbole de la souveraineté du pays. Le Ministre ne fut sauvé de la vindicte des supporters que grâce à l’intervention de la police ghanéenne. L’affaire arriva aux oreilles du Président de la République, Boni Yayi qui s’empressa de réunir son cabinet. La décision fut prise de réintégrer, sur le champ, le Seigneur Mouri. Ce que le coach et son staff technique accèptèrent, à contrecoeur. Mais le mal était déjà fait. Les autres joueurs se sentirent frustrés et piétinés dans leurs sacrifices patriotiques.

La Côte d’Ivoire se charge de nous remettre les idées en place
Pour le deuxième match, le Roi Mouri réintégrera l’équipe contre la Côte d’Ivoire , à la 50ème minute , à la place de Alain Gaspoz. Ce qui eut le don d’énerver Drogba et ses coéquipiers qui menaient déjà par 2 - 0. Ils doublèrent aussitôt la mise en 10 minutes. 52ème et 62ème. Avant que Omotoyossi ne réduise l’écart, après que la Côte d’Ivoire eut changé certains de ses leaders, afin de les préserver pour le dernier match de poule, face au Mali. Le Nigeria, quant à lui, se chargera d’enfoncer le clou en nous infligeant un cinglant 2-0 .
La délégation rentrera au Bénin, dans un silence de cimetière. Comme si de rien n’était. Surtout, sans retenir la leçon.
Le coach Reinhardt Fabisch sera renvoyé, des le retour au Bénin. Le joueur Mouri Ogunbiyi aura eu raison de l’entraîneur Reinhardt Fabisch.
A présent, deux questions essentielles restent à poser :

1/ Où est Mouri Ogunbiyi aujourd’hui ?
2/ Où en est le football béninois aujourd’hui ?
A suivre.
Béchir Mahamat





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