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Procès Icc-services : Le mystère autour des 27 milliards focalise les débats

A la barre ce 31 décembre 2018, l’ancien Ddpn Pépin Adjovi et l’ancien commandant de la Bef Dieudonné Lissagbé ont été appelés à expliquer les modalités des perquisitions effectuées et ce qu’ils savent des sous retrouvés dans les coffres-forts. Confrontés aux accusés, notamment Emile Tégbénou, les officiers de police se contredisent parfois.

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Réaction par rapport à la déclaration de Tégbénou
Merci monsieur le Président. Je ne sais rien de la garde de l’agence de Sadognon. Je ne sais pas si ce sont les Crs. C’est maintenant qu’il vient de dire que c’est le commissariat de Attakè qui envoie deux agents. Par rapport au garde du corps, monsieur Tégbénou avait la possibilité de m’appeler sur mon téléphone pour vérifier si c’est moi qui ai effectivement appelé. Pourquoi quand le garde du corps lui dit qu’on l’appelle, il ne vérifie pas. Un garde du corps qui est en service auprès de quelqu’un, pourquoi vais-je l’appeler ?

Il a dit que vous l’appelez directement pour lui rappeler son devoir
Jamais. S’il envoie le garde du corps me remettre une enveloppe, la moindre des choses est que je le rappelle pour l’informer de ce que j’ai reçu ce qu’il m’a envoyé. C’est ainsi l’éducation que j’ai reçue Je ne lui ai pas demandé. S’il me l’a donné, je dois être en mesure de lui dire merci au moins.

C’est lui qui vous remercie plutôt pour lui avoir attribué un garde du corps
Je ne lui ai pas vendu un garde du corps. Je lui ai affecté un qu’il paye déjà, 50.000 francs selon ses dires. Je fais quoi pour que Tégbénou me paye 500.000 Francs sans vérifier ? Il n’a pas dit qu’il me remet en main propre. Il dit que le garde du corps lui dit que le patron a dit qu’il m’a oublié. Est-ce que une seule fois, je l’ai appelé pour dire monsieur Tégbénou, j’ai des soucis d’argent, envoie moi quelque chose ? Je ne lui ai jamais dit ça.

Dans votre office, aucun justiciable ne vous a jamais tendu une enveloppe financière ?
Il a dit ici que c’est difficilement qu’on me voit.

Mais ça peut arriver aussi
Je ne sais pourquoi je fais ainsi. C’est pour éviter ces histoires-là que j’ai demandé à mon secrétariat d’orienter ceux qui ont des problèmes vers le service compétent. Tout le monde n’a pas besoin de me voir forcément. Nul n’est propre, mais j’essaye de me mettre au-dessus de la mêlée.

En quelle occasion vous n’êtes pas propre ?
Moi j’abandonne ma famille pour aller en mission sous les balles et les mines.

Est-ce que les Crs ne viennent pas tous les lundis au commissariat ?
Les Crs vont chez le Ddpn tous les matins pour prendre la mission du jour.

Donc vous aussi ?
Non ils ne viennent pas au commissariat central

Et lorsque vous avez pris les rênes de la Ddpn ?
Les Crs ne m’ont jamais dit qu’ils montent la garde à Icc Services. Parce que c’est rémunéré, ils ne me disent pas. Parce que tout est budgétisé au niveau du commissariat.

Est-ce que en qualité de Ddpn, les Crs et les Bac viennent vous présenter les armes les matins ?
Quand je suis devenu Ddpn ils viennent si j’ai des missions. Si je n’ai pas de mission, ils vont en patrouille dans la ville.

Autour des bureaux d’Icc ?
Je ne sais pas monsieur le Président.

Est-ce que vous continuez par soutenir que c’est ici que vous avez été informé que le domicile de Tégbénou et le siège d’Icc services étaient gardés par des agents en uniformes ?
Oui monsieur le Président

(…) Par rapport à sa demande de garde du corps, vous avez déclaré que s’il allait au ministère on va lui dire les formalités à remplir. Pourquoi pas vous directement ?
Je n’avais pas avec précision ce qu’il fallait faire.

N’aviez-vous pas les textes ?
Non, je ne les avais pas

Pourquoi ?
Je n’ai pas eu ça

C’est une inculture ?
Je ne m’en suis pas préoccupé.

Commissaire Lissagbé, vous avez dirigé combien de perquisitions au domicile de Tégbénou ?
J’ai dirigé cinq perquisitions

Le commissaire Adjovi était présent à combien de perquisitions ?
Il a assisté à deux perquisitions, si je ne me trompe pas.

Monsieur Adjovi Pépin, vous avez assisté à combien de perquisitions ?
Je vous avais déclaré que j’ai assisté à la perquisition au cours de laquelle les coffres forts ont été éventrés.

Vous avez assisté à combien de perquisitions ?
J’ai dit à la cour que j’ai assistée à une perquisition

Monsieur Lissagbé, votre réaction
Je sais qu’il a participé à deux perquisitions telles que l’huissier a déclaré

C’est ce matin que l’huissier a rédigé le PV ?
J’ai vu l’huissier le samedi soir après beaucoup de difficultés parce que je ne le connaissais pas. Il m’a remis ces deux documents là.

Ddpn Adjovi Pépin : « le garde du corps ne m’a pas dit que Tégbénou avait 27 milliards à la maison »

(…) De qui recevez-vous cette information ?
Cette information, je la recevais des gens qui sont proches de moi. Alors que je résistais, ces personnes qui ont déjà souscrit m’ont dit que le placement d’argent à Icc est une bonne chose. Quand tu déposes, quelques mois après tu récupères pour avoir suffisamment d’argent et faire ce que tu veux.

Ce que j’ai compris de cette déclaration est que lorsque vous voyez un voisin qui devenait subitement riche, cela aiguisait votre curiosité et vous vous posez des questions. Et c’est cela qui vous a permis de comprendre ce que c’est que Icc-services. Est-ce que c’est bien cela ?
Non, pas tout à fait. Je ne pouvais pas me poser de questions par rapport à tous les citoyens. C’est peut-être un ou deux que j’avais l’habitude de voir et dont la vie a changé.

Est-ce un ou deux qui vous ont déterminé ?
Oui, monsieur le président.

Je voulais revenir sur la manière dont vous aviez attribué le garde du corps à monsieur Tégbénou. Quand il est venu dans votre bureau, le jour que vous aviez pris service en tant que commissaire central, dites-moi, saviez-vous qu’il était promoteur de Icc services ?
Non, je ne le savais pas. Il ne m’a pas dit qu’il était promoteur de Icc-services.

Qu’est-ce qu’il voulait faire avec le garde du corps qu’il vous a demandé ?
Il a dit qu’il voulait avoir un garde du corps pour sa sécurité.

Est-ce tous les citoyens qui viennent demander un garde du corps pour leur sécurité ?
Non, je savais que je ne pouvais pas lui donner un garde du corps parce que je ne connaissais pas ses activités.

Vous aviez dit, quand il est venu dans votre bureau, il vous a parlé en premier de garde du corps et vous lui aviez dit que ce n’était pas possible que vous lui donniez un garde du corps mais s’il a des entrées à la présidence ou au ministère de l’intérieur et qu’on vous faisait parvenir des instructions, vous pourriez lui donner un garde du corps. Est-ce que c’est cela que vous aviez déclaré devant cette cour ?
Oui, c’est cela monsieur le président.

En tant qu’un commissaire, vous recevez un citoyen que vous ne connaissez pas, sans connaître non plus ses activités. Puis il vous dit qu’il veut un garde du corps. Sur quelle base l’orientez-vous vers la présidence ou le ministère ?
Je ne l’ai pas orienté. Je lui ai dit que je ne pouvais pas lui attribuer un garde du corps. Avant qu’il ne vienne me voir, on me l’a présenté comme étant un opérateur économique.

Qui est-ce qui vous l’a présenté ?
Ce sont mes collaborateurs puisque ce sont eux qui l’ont introduit dans mon bureau. Il s’est présenté en tant qu’opérateur économique et il a ajouté que si je pouvais lui donner un garde du corps. Et j’ai dit non puisqu’il y a un texte qui prévoit l’attribution de garde du corps. Je ne pouvais donc pas lui donner. Moi, je savais qu’il ne pouvait pas aller à la présidence ou au ministère et posé le même problème.

Qu’est-ce qui vous faisait penser à cela ?
Tout à l’heure, j’ai bien dit que ce n’est pas tout citoyen qui peut se rendre à la présidence ou qui peut rencontrer le ministre. Ce n’est pas facile. Moi-même, commissaire central que j’étais, je ne pouvais pas voir le ministre quand je veux.

Monsieur Adjovi, vous aviez déposé à cette cour que le commissaire central de la ville de Porto-Novo que vous étiez, il était difficile pour vous rencontrer le ministre et quel qu’en soit le problème. Mais vous demandez qu’on oriente les gens vers vos collaborateurs. Aviez-vous vraiment dit ce que je viens de dire ?
Oui, je l’ai dit.

Vous étiez difficile d’accès en tant que commissaire central. Cependant, Tégbénou a réussi à accéder à vous et vous dites l’avoir orienté vers la présidence ou le ministère parce que c’était difficile d’accès. Était-il alors si difficile d’accès au point où qu’il ne puisse accéder de la manière dont-il a accédé au vôtre ?
Monsieur Tégbénou n’a pas accédé à mon bureau directement. Il est passé par un de mes collaborateurs qui l’a introduit dans mon bureau.

Monsieur Adjovi, vous aviez dit que le ministre vous a instruit directement sans passer par votre Directeur Général. Vous aviez exécuté l’ordre. Mais après avoir exécuté l’ordre, vous dites avoir rendu compte à votre Directeur Général. Ce compte rendu était-il verbal ou écrit ?
C’était un compte rendu verbal.

Vous aviez dit que lorsque la commission d’enquête a été mise en place, vous aviez été interpellé et que vous aviez versé 4 millions. Était-ce un remboursement, une restitution, un paiement ou un don ?
C’était un remboursement. J’ai fait le dépôt au trésor public.

Vous aviez dit que vous n’aviez pas reçu de l’argent de Tégbénou. Vous ne reconnaissez pas les faits qu’on mettait à votre charge. Mais que vous aviez quand même déposé l’argent. Aviez-vous remboursé en reconnaissant ce qu’on vous reproche ou vous aviez acheté votre liberté par les 4 millions versés dans la caisse de l’État ?
Monsieur Tégbénou vient de dire tout à l’heure qu’il ne me remettait pas directement les sous en main et que c’était par le garde du corps qu’il me les envoyait. Il n’a pas cru devoir vérifier si je recevais effectivement les sous. Mais, mon silence devrait attirer son attention sur le fait que, si j’étais à sa place, cela fait une, deux, trois, quatre fois, et la personne qui reçoit ne réagit pas. Mais lorsque j’ai été convoqué par la commission, j’ai demandé s’il peut y avoir une confrontation avec Tégbénou pour savoir à quel moment il m’a remis les sous. On m’a dit que je ne pouvais pas faire cette confrontation avec lui. Au bénéfice du doute, j’ai décidé de préserver ma liberté parce qu’on pouvait me donner 60 jours d’arrêt de rigueur si je m’opposais. J’ai décidé de payer 2 millions parce que je ne suis pas convaincu. Mais on m’a fait revenir disant que Tégbénou a parlé de 4 millions. En position de faiblesse, j’ai remboursé les 2 millions restants par la même procédure. Le trésor m’a délivré un reçu que j’ai déposé à la commission.

Dois-je donc comprendre que c’était une manière pour vous d’acquiescer à ce qu’on vous reprochait ?
Je n’ai pas acquiescé, monsieur le président. Il y a des situations dans lesquelles on est obligé de faire ce que j’ai fait pour avoir la paix.

Monsieur Pépin Adjovi, vous êtes un commissaire de police. Lorsque vous aviez un litige à régler, il suffit pour quelqu’un d’accuser une autre personne pour que cette dernière puisse se remettre dans un règlement pour se sortir d’affaire ?
Monsieur le président, lorsque vous vous retrouvez dans ma position, vous remboursez pour avoir votre liberté parce que si les gens décident de vous couper la tête, ils le feront. J’ai demandé une confrontation qu’ils ont refusée. Je n’ai pas la preuve pour dire le contraire.

Vous ont-ils obligé à payer ?
On ne m’a pas obligé. Je me suis obligé moi-même.

C’était pour vous la meilleure façon de tirer votre épingle du jeu ? C’était mon intuition du moment. Si j’étais à la retraite, j’allais m’opposer.

Quand la cour s’est référée aux PV de perquisitions, il s’est révélé que vous aviez assisté à 4 perquisitions. Selon vous, celui qui a rédigé le PV de perquisition, a-t-il quelque chose contre vous en ce moment-là au point de mettre votre nom dans le PV si vous n’étiez pas là ?
Monsieur le président, ce n’est pas une prétention pour moi de nier que j’étais à la perquisition. J’ai dit à l’assistance que mes souvenirs ne sont plus exacts. Pour certains actes dont je n’ai plus souvenances, sous le feu de l’action, je peux oublier, monsieur le président. Je ne me suis même pas souvenu qu’il y ait eu un huissier ce jour-là. Et chaque fois qu’on me demandait si j’ai vu un huissier sur le terrain, je disais non. Je ne suis pas impliqué dans cette affaire de perquisition pour cacher quelque chose à la cour. Pour les faits dont je n’ai plus souvenance, je demande la clémence de la cour en ma faveur. Je suis venu pour éclairer la lanterne de la cour.

Vous ne vous souvenez plus si c’est deux perquisitions ou si c’est trois ou quatre. Par contre vous vous souvenez de la perquisition au cours de laquelle ils ont éventré les coffres forts. Pourquoi de celle-là ?
Parce qu’il y un acte qui a été fait en ma présence constante. J’étais présent quand le coffre-fort a été éventré. Et ça là je n’ai pas nié. J’étais là et j’ai vu comment ça été fait. Je n’ai aucune prétention de dire que je n’ai pas vu ce que j’ai vu. Je n’ai aucun intérêt à le cacher.

Est-ce que c’est parce qu’il était question de beaucoup d’argent ce jour-là ?
Même s’il y avait beaucoup d’argent ce n’est pas mon argent. Je n’ai pas un intérêt particulier à mentir.

Mr Tégbénou soutient qu’il a énormément d’argent dans les coffres forts.
Je demande humblement à la cour que Tégbénou nous dise après lui qui d’autre sait qu’il y a beaucoup d’argent dans ce coffre. Parce que moi je ne sais pas. Les gens qui sont venus faire la perquisition ne savent pas. C’est lui seul qui sait. S’il peut dire à la cour, après lui qui est effectivement informé qu’il y’a beaucoup d’argent à la maison.

Tégbénou a déjà dit devant cette cour que c’est son garde du corps qui était informé qu’il avait de l’argent dans les coffres. Ce garde du corps vous renseignait sur les activités d’Émile Tégbénou et la quantité d’argent qu’il ramenait à la maison. Vous étiez là le jour où ils ont éventré les coffres. Alors je voulais savoir selon vous l’argent est passé ou ?
Pour ce cas spécifique, le garde-corps ne m’a pas dit qu’il y avait autant dans ce coffre. Il ne m’a pas informé par rapport à cela. Je n’ai pas eu cette information de lui. Et j’ai déclaré à la cour que je ne voyais pas souvent le garde du corps puisqu’il était déjà il est affecté à quelqu’un et n’aura plus le temps d’être avec moi. Donc, le garde du corps ne m’a pas dit que Tégbénou avait 27 milliards à la maison.

En tant que Ddpn et commissaire central de Porto-Novo, vous avez déclaré que vous ignoriez que les CRS étaient en service au siège d’Icc. L’argument avancé est que les CRS ne dépendaient pas de vous. Tégbénou a déclaré qu’après votre prise de fonction, deux avaient effectivement été rappelés et remplacés par des policiers venus du commissariat d’Attakè. Le commissaire d’Attakè était-il sous vos ordres ou non ?
Le commissaire d’Attakè est sous les ordres du commissaire central que j’étais mais ne m’a jamais rendu compte qu’il envoyait des agents. J’estime que s’il me dit que les agents ont été envoyés, il va devoir verser ce qu’il perçoit dans les caisses du commissariat.

Il faisait du clando ?
C’est du clando monsieur le président. Sinon je suggère à la cour qu’on remonte à l’année pour faire intervenir le commissaire afin qu’il nous dise s’il m’a rendu compte de ce qu’il envoyait les agents pour assurer la sécurité de l’agence Icc.

La manière dont votre passage arrachait le respect à tout le monde y compris vos collaborateurs, est-ce qu’un commissaire d’arrondissement pouvait se permettre ce luxe d’aller contre votre rigueur ?
Tant que je n’aurai pas eu l’information pour l’interpeler, il aurait pu me la cacher tout le temps que cela prendra.

Est-ce qu’il ne s’est pas comporté comme vous le faites également en son temps. Vous posez des actes sans informer votre Dgpn ?
Non. Moi je rends compte quand c’est urgent. Il faut être pro actif. On n’aura pas à reprocher à quelqu’un d’être proactif. Ça peut mettre un frein à une situation. On peut le faire et rendre compte à la hiérarchie.

Est-ce à dire que votre hiérarchie n’est pas informée des CRS que vos collègues détachent dans les institutions bancaires, les agences de microfinance ?
Pour les activités intéressantes je n’en suis pas informé. Mais quand il s’agit des patrouilles et autres puisque, c’est moi qui les lance, là je suis informé. Je ne leur demande pas de compte rendu puisque quand j’étais commissaire central ils n’étaient pas sous mes ordres. Ils ne m’en rendent pas compte.

C’est comme ça que ça se passe dans le corps ou c’est une incapacité à contrôler son territoire de profession ?
C’est une dégénérescence des éléments. C’est quand vous, vous avez l’information qu’ils posent des actes de ce genre et que ça mérite une sanction qu’on les punit.

Est-ce vous pouvez nous dire combien de fois vous vous êtes rendu au domicile de Tégbénou ?
Je voudrais me convaincre sur la base de l’exploit d’huissier que je m’y suis rendu deux fois.

Monsieur Adjovi, dites-nous dans quel coffre-fort les billets dont vous nous aviez parlé ont été retrouvés ?
Il me semble que le coffre-fort dans lequel on a retrouvé les billets n’est pas au dehors. C’est un coffre-fort qui est à l’intérieur du couloir de Tégbénou.

Vous confirmez que le jour où cela a été retrouvé vous étiez là ?
Si, j’étais là

Pourquoi avoir dit que vous n’aviez retrouvé que deux coffre-fort au dehors ?
Si mes souvenirs sont exacts, le coffre-fort dans lequel on a retrouvé les billets n’était pas dehors.

Pourquoi tant de mystères autour du coffre-fort dans lequel se trouve l’argent ? A-t-il été ouvert à clé,
Il semble qu’il y a un spécialiste qui est venu ouvrir ce coffre-fort.

Avec quoi ?
Vraiment je ne sais pas. C’est un spécialiste.

Pourtant les clés des coffres forts étaient disponibles. Tégbénou a dit qu’au moment où il a été interpellé, les agents lui ont arraché toutes les clés. Il me semble que c’est à la 4e perquisition que les billets ont été retrouvés. Avant cette perquisition, vous y étiez sur l’initiative de qui ?
Je ne suis pas allé au domicile au Tégbénou sur ma propre initiative.

Qui vous a envoyé ?
Je vais quand mon Directeur Général est là. J’y vais en qualité de commissaire central, collaborateur direct du DGPN.

Vous ne savez pas qui vous a envoyé. Vous vous êtes retrouvé sur le terrain
J’y suis allé sur mon initiative pour aller assister le DGPN

Lorsque les Opj mettent dans un PV au cours d’une perquisition : « après avoir requis l’autorisation de Tégbénou, nous transportons en sa compagnie et sous la supervision du DGPN et du DDPN… ». Qu’est-ce que cela veut dire ?
C’est une manière de signaler notre présence sur les lieux. On suit mais on ne contrôle pas l’opération.

Pourtant, vous êtes les plus gradés ?
Oui

Qui était le commissaire d’Attakè au moment des faits ?
Je vais vérifier et vous amener la liste

En quelle année avez-vous été nommé commissaire central et en quelle année avez-vous assuré l’intérim du Ddpn ?
Sous réserve de confirmation, j’ai été nommé commissaire central en 2007. En 2008 ou 2009 après le départ du Ddpn à la retraite, j’ai assuré son intérim. En 2011, j’ai été confirmé en qualité de Ddpn et quelqu’un d’autre est venu me remplacer en qualité de commissaire central.

Monsieur kora Prosper est de quel corps de la police ?
Il appartient aux corps des Gardiens de la Paix et Brigadiers de la paix

Est-ce qu’il fait partie d’une unité spéciale comme la BAC ?
Non, il fait partie de mon personnel au commissariat central. Les Crs et les BAC sont des unités spécialisées, ils ne font pas partie des unités actives. Kora n’est pas dans une unité spécialisée.

Etait-il en poste avant votre arrivée ou c’est le contraire ?
J’étais au poste avant qu’il ne vienne

Lorsqu’il est arrivé, quelle est la tâche qui lui a été confiée ?
Dans un premier temps, il officiait dans les brigades. Entre temps, il a été détaché pour la constatation des infractions dans la ville et vient rendre compte au commandant du corps urbain.

Pendant qu’il exécutait ces missions, est-ce qu’il ne vous donnait pas satisfaction que vous l’avez l’affecté comme Garde du corps ?
Entre temps les moyens qu’il utilisait sont devenus obsolètes. Il utilisait la moto du commissariat et n’avait plus d’attribution dans la maison.

Est-il parti chercher les moyens en étant garde du corps ?
Je ne dis pas ça. La preuve est que je ne sais même pas qu’il est payé à 50.000 Fcfa.

Mais vous avez vu avec lui à un moment donné un véhicule flambant neuf que vous avez qualifié de haut de gamme
Oui. C’était même surprenant parce que je ne sais comment il s’est arrangé pour s’acheter ce véhicule.

En votre qualité de commissaire central et de Ddpn, ne vous est-il pas arrivé une fois de punir vos agents ?
Je le fais très souvent

Donnez-nous un exemple ou deux
Lorsque un agent abandonne son poste, il est puni d’office.

Sur le PV de perquisition, j’ai lu qu’à la date du 9 où vous y étiez pour la première fois, vous avez fait éventrer les coffres-forts sans rien trouver et que le 10 vous avez trouvé 3 millions. Quel était la mission précise de votre perquisition, celle du 9 ?
Monsieur le Président ce n’était pas ma perquisition. C’était celle de la Brigade économique et financière qui était sous la coupole du Dgpn.

Vous avez dit que vous avez une capacité financière qui fait qu’il est difficile de vous corrompre bien que cette pratique existait dans la Police pour ceux qui étaient moins nantis que vous. Est-ce que c’est vraiment ce que vous avez dit ? Si oui, qu’est-ce que vous avez pu faire pour redorer le blason ?
De notoriété publique, on sait que les agents ne sont pas bien payés. Même nous les Chefs n’étions pas bien payés. Mais ce n’est pas une raison pour se laisser corrompre quel que soit ce que les gens gagnent. S’il y a en a qui se laissent corrompre et que ça prend une grande allure, nous on intervient. Je crois qu’actuellement, la situation a changé. Je ne pense pas que les agents se plaignent encore de ce qu’ils ne sont pas bien payés. Bien que je sois un observateur qui est à la touche, je sais que les agents ne se plaignent plus tellement.

Vous avez dit que monsieur Tégbénou ne vous a jamais fait de cadeau, c’est bien ça ?
Oui monsieur le président

Vous avez dit qu’il ne pouvait pas vous corrompre parce que vous étiez dans l’opulence ?
J’avais la possibilité

Vous aviez la possibilité en ce temps ?
C’est bien ça monsieur le président.

Mais qu’est-ce qui peut vous amener à encore déposer des fonds à Icc-Service ?
Tout le monde ne cherche qu’à avoir plus monsieur le président. Lorsque vous voyez des commerçants qui ont beaucoup d’argent, ils cherchent tous les jours à en avoir d’avantage, donc c’est le propre de l’homme.

On cherche à en avoir plus. Mais quand on vous offre des cadeaux vous refusez. Pourquoi ?
Bien sûr. Je ne sais pas pourquoi, je peux refuser. Si quelqu’un veut me donner de l’argent, je regarde si effectivement ce dernier a les moyens pour m’en donner. Ce n’est pas de l’égoïsme mais je le fais.

Monsieur Tégbénou n’avait pas cette posture ?
Il ne m’a jamais tendu de l’argent. Il remettait par personne interposée sans être sûr que ça me parvenait. S’il était sûr, c’est moi qui allais lui dire merci pour le geste.

Le jour de la perquisition, quel est le montant de la somme qui a été retrouvée ?
Quand j’ai revisité tout à l’heure, je crois que c’est trois millions qui ont été retrouvé.

Or, en déposant ici le 28 vous avez dit que c’était quelques billets.
Le président m’a posé la question et je lui ai dit que c’est entre un et deux millions. Je n’avais pas la précision du montant retrouvé.

Au vu des comptes rendus que le garde du corps de Tégbénou vous faisait, quelles sont les personnalités et les autorités à qui il rendait visite ? Donnez-nous quelques noms suite à vos comptes rendus.
Il m’a dit qu’ils allaient souvent la présidence et au ministère de l’intérieur. Je crois que c’est la substance des visites dont il me faisait le compte rendu.

Donc la présidence et le ministère de l’intérieur, c’est ça qui constituent les autorités et personnalités à qui ils rendaient visite ?
Oui monsieur le président

Depuis que vous avez fait la connaissance de monsieur Tégbénou quelle a été la nature de vos relations jusqu’à ce jour ?
La nature ? Je voudrais un peu plus de précision sur la question.

Quels sont les caractéristiques de vos relations jusqu’à ce jour ?
Tégbénou n’était pas mon ami. Je l’ai connu par le truchement que j’ai indiqué ici. Il n’était pas un ami.

Et quel intérêt vous a conduit à lui affecter un garde du corps plutôt que celui que lui-même a choisi ?
Je m’inscris en faux contre le fait qu’il ait choisi quelqu’un. Quand je lui ai dit d’identifier quelqu’un, je ne suis même pas sûr qu’il le connaissait de nom il m’a dit qu’il voulait ‘’très fort’’. C’est Kora qu’on appelait ainsi. Akondé dont il a parlé ne faisait pas partie du commissariat central. Il était à la Ddpn et en ce moment je ne suis pas sûr que je sois déjà Ddpn.

Vous avez dit que c’est la présence du Dgpn qui vous a obligé à vous rendre sur les lieux de la perquisition. C’est tout comme si, le Dgpn seul ne peut pas faire le travail.
Je suis le commissaire central de la ville de Porto-Novo. Si le Directeur Général de la Police Nationale se déplace à Porto Novo, et que je suis informé, ce sera inadmissible que je reste dans mon bureau. C’est un manque d’égard à l’autorité hiérarchique

Aller vers quelqu’un et l’assister, est-ce la même chose ?
Je suis allé l’assister

Si aujourd’hui vous être encore en fonction et le Président de la République venait rendre visite au Président de l’Assemblée Nationale, vous irez l’assister ?
J’irai sur les lieux.

Parce qu’il vous a invité ?
C’est une obligation professionnelle. Au plan administratif, je dois être là.

Aujourd’hui, en votre âme et conscience, quelle a été votre part de responsabilité dans l’affaire qui vous occupe ?
Je suis devant une cour. Je ne peux pas déterminer la part de responsabilité. Il appartient à la cour de le faire.

Monsieur Adjovi, relativement aux perquisitions, vous aviez dit y avoir participé. Également que le garde du corps monsieur Kora, vous a informé du flux d’argent de monsieur Tégbénou. Il est constant que vous êtes aussi un déposant d’Icc-services. Est-ce que de l’argent a été effectivement trouvé dans la maison lors des perquisitions ?
Je le confirme.

Est-ce que vous êtes allé pour opérer une retenue à la source rapport à vos sous qui sont restés à Icc à la suite de la crise ?
Monsieur le président, excusez-moi, cette question est un peu tendancieuse. C’est comme si, moi, je vais sur les lieux pour prélever les sous. Ça, c’est du vol. Ce n’est pas ainsi que j’ai souscrit à Icc. J’ai déposé et on m’a signé un document que je garde par devers moi. Le moment venu, s’il faut le présenter, je le présenterai.

2-01-2019, La rédaction


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