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Marchés de bétail de Cotonou et d’Ekpè : 72 heures après la Tabaski : les complaintes de la mévente…

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Dans le cadre de la Tabaski, la plupart des vendeurs de moutons n’ont pas fait de bonnes affaires cette année sur les divers sites de vente de Cotonou et d’Ekpè. Selon beaucoup d’entre eux, deux tiers des moutons n’ont pas trouvé acheteurs. En cause, leur cherté par rapport aux bourses des clients très éprouvées par les préparatifs de la rentrée des classes...Mais loin des complaintes, les tanneurs s’en tirent à cœur joie. Quand les uns ne savent pas que faire de la peau de leur mouton après l’avoir dépecé et vidé, d’autres connaissent exactement la valeur de chaque peau qu’ils ramassent et vont échanger contre des espèces sonnantes et trébuchantes.
A l’entrée d’un des faubourgs d’Akpakpa, Hamidou Sidi gère un grand entrepôt. Chaque jour, lui et ses collaborateurs reçoivent des dizaines voire des centaines de peaux de vaches, de moutons… qu’ils classent par rapport à une échelle de valeurs. « Par exemple, la peau de mouton qui n’est pas trouée est de premier choix. Nous l’achetons à 400 FCfa. Celle qui a un seul trou est le deuxième choix. Nous le prenons à 200 FCfa… », explique-t-il devant un jeune homme qui est venu lui en proposer une bonne dizaine. Malheureusement, celles-ci ne sont pas parfaites. « Voyez-vous, c’est ça le problème avec la peau du mouton de la Tabaski. En général, elle est pleine de trous, car les gens dépècent souvent à la hâte. C’est la viande qui les intéresse et non la peau », fait-il comprendre avant de proposer un tarif forfaitaire au jeune homme qui l’accepte tout de suite. Cheikh, un jeune employé, amène les peaux et les étale à côté d’un gros tas de sel pour leur traitement ultérieur. Juste à côté, on voit un tas de peaux déjà saupoudrées de sel et superposées. « Elles sont en phase de maturité », signale-t-il. Entre deux transactions, Hamidou Sidi nous révèle qu’une usine de la place lui rachète le premier choix à 700 FCfa et le second à 400 FCfa. Pour ce qui est des autres catégories, des commerçants nigérians Ibo viennent souvent les acheter en gros. Le prix varie alors selon la quantité et la valeur des catégories sélectionnées. « Le sel rend la peau souple et tendre. Après salage, elle est conservée à l’ombre environ 15 jours, le temps qu’elle absorbe le sel », ajoute-t-il pendant que Moukahill, à coups de pelle, commence à jeter du sel sur les peaux de moutons étalées. Au même moment, les vendeurs de peaux continuent de débarquer, en voiture ou avec des charrettes. Le maître des lieux, tout souriant et apparemment content de faire de bonnes affaires, les reçoit. Il est bientôt 17h. Et pourtant, l’endroit ne désemplit pas. « Aujourd’hui, nous avons commencé à midi. Depuis, nous sommes assaillis. C’est comme ça à chaque Tabaski », annonce-t-il avant de recevoir un énième client venu, lui aussi, monnayer quelques peaux de moutons.

On s’y attendait
Avec la cherté du mouton, beaucoup de vendeurs n’ont pu pas écouler leurs bêtes. C’est notamment le cas à Zongo, Akpakpa et Ekpè. A en croire les services vétérinaires, l’objectif de 15.000 moutons qui constituaient les besoins des populations, a été largement atteint 48 heures avant la célébration de l’Aïd El Kébir. D’après Bouraima Silmane de l’abattoir central de Cotonou, et Djima Rafiou, responsable des vendeurs de moutons d’Ekpè, « seulement un tiers des moutons a été vendu ». A notre passage, ils étaient désemparés, à l’image de la majorité de leurs collègues qui étaient également venus proposer leurs moutons à la clientèle pour la fête de la Tabaski. Inquiets au regard du grand nombre d’animaux qui leur restent sous les bras, ils ont sollicité l’aide de l’Etat pour pouvoir vite ramener leurs bêtes. Les éleveurs malheureux, qui sont installés dans des abris de fortune, ont déclaré qu’ils sont actuellement victimes de vols de bétail et exposés avec leurs animaux aux intempéries (orages, très fréquents en ce moment dans cette partie de la région méridionale du pays). « L’aliment bétail est aussi un problème, car nos moutons n’apprécient pas l’herbe d’ici comme fourrage », a expliqué Djima Rafiou. Il a souligné que lui et ses compagnons d’infortune sont obligés de mettre la main à la poche pour acheter de l’aliment bétail et nourrir leurs nombreux animaux invendus. « Cela commence à être difficile pour nous, parce que c’est une saignée financière qui n’était pas envisagée », ont révélé nos interlocuteurs.

5-09-2017, Gérard GANSOU


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