Vente de casques deux semaines après la répression policière : des prix toujours à polémique

26 mars 2024

L’achat des casques devient plus préoccupant pour les populations depuis le démarrage de la campagne de répression des infractions routières par la Police Républicaine au Bénin. Deux semaines après l’opération, les prix des casques n’ont toujours pas baissé.

Les casques coûtent maintenant entre 8000 et 15.000F CFA. Autrefois vendus entre 5000 et 10.000F CFA, les casques dans leur diversité font l’objet d’une attention particulière depuis le 1er mars dernier, date du démarrage de la répression des infractions routières par la Police Républicaine. Dès lors, il devient impératif aussi bien aux conducteurs de taxi-moto Zémidjan de se munir d’au moins un casque secours pour les clients qu’à ceux qui sont à pied et envisagent emprunter un taxi-moto d’en avoir en leur possession. Cette situation a mis au centre d’attraction les divers points de vente de casques, que ce soit au bord des voies ou au niveau des boutiques. Du coup, une variation brusque des prix de vente s’y observe. Pour la plupart des vendeurs, ce n’est pas eux qui sont à la base des variations de prix de vente des casques. « Nous-mêmes, nous vendons les casques selon les prix auxquels nous les avons achetés auprès des grossistes. Une fois que la répression a été annoncée, ils ont profité depuis là-bas pour augmenter les prix », signale Clarisse Tossou, vendeuse de casques et accessoires. Bouraïma Salifou abonde aussi dans le même sens. « Les casques, nous-mêmes, on les achète chez les importateurs pour les revendre. Ce qui est à 5000F avant est maintenant à 10.000F. Tu diminues un peu pour le vendre à 8000 ou à 7.000F. Ce qui est à 10.000F avant, c’est cela qui est à 15.000F maintenant. Parfois, on peut vendre cela à 17.000 ou à 18.000F. Comme les éléments de la Police arrêtent les gens, à cause de cela, beaucoup viennent acheter », confie-t-il. Cette hausse des prix des casques fait grincer les dents aux populations même si la situation ne les surprend pas autant. « On sait que les vendeurs de casques vont profiter de la situation pour vendre un peu plus cher le stock de casques qu’ils ont à leur niveau avant le démarrage de l’opération de répression. Et c’est ce qui s’observe sur le terrain. Malheureusement, nous, on ne peut rien à part subir », fait remarquer Bertin Sodji, conducteur de taxi-moto. Certains usagers estiment que les autorités devraient veiller à limiter les prix des casques avant le démarrage de l’opération. Cela peut éviter la surenchère. « Les vendeurs de casques veulent profiter de la situation pour faire leurs chiffres d’affaires. Mais quand on voit la cherté de la vie et la morosité économique sous lesquelles ploie la majorité des populations, les autorités devraient prendre des mesures pour limiter l’augmentation opportuniste des prix de casques à laquelle on assiste depuis que cette opération de répression a commencé », peut-on entendre d’un usager de la route. Seulement pour le moment, rien ne change au niveau des prix des casques. Ceux dans le rang de la population qui ressentent la nécessité de s’en procurer, ne peuvent que se soumettre à la réalité des prix. Autrement, ils vont devoir régler des comptes avec les Forces de l’ordre.
Fidégnon HOUEDOHOUN



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