En vérité : L’offensive de la Cena

Moïse DOSSOUMOU 29 janvier 2020

La Commission électorale nationale autonome (Cena) n’a pas attendu bien longtemps. Une semaine après la convocation du corps électoral par le Conseil des ministres, elle reprend du service. Emmanuel Tiando et ses collaborateurs sont à nouveau sous pression. Pour la 5ème fois depuis leur installation en juillet 2014, ils auront à s’occuper de l’organisation matérielle d’une consultation électorale conformément à leur cahier de charges. Les expériences des législatives de 2015, des municipales, communales et locales tenues la même année, de la présidentielle de 2016 et des législatives de 2019 leur seront d’une grande utilité. A présent, ils n’auront aucune excuse pour justifier d’éventuels ratés ou dysfonctionnements. L’enjeu est de taille et ils devront assurer. C’est pourquoi très vite, ils ont mis le pied sur l’accélérateur. Hier mardi 28 janvier, le chronogramme des prochaines élections a été rendu public.
Après avoir laissé circuler sur la toile malgré eux un document encore à l’étape de projet qui portait sur le même sujet, Emmanuel Tiando et son équipe ont fixé les Béninois. Ce calendrier riche en dates clés permet aux candidats et à leurs différentes formations politiques de se préparer afin d’honorer ce rendez-vous électoral qui s’annonce palpitant. A partir du 2 mars et ce pendant dix jours, les candidats et leurs partis sont attendus à la Cena pour manifester leur intention de participer à ce scrutin de proximité. Le 17 mars, le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) devra remettre le fruit de son travail à l’organe en charge des élections. Dès le 23 mars, la Cena entend publier les listes des candidatures validées par ses services. Le 28 avril, le spécimen unique qui a toujours focalisé les attentions sera remis aux partis participant à cette joute électorale.
Le moment que beaucoup attendent et qui est censé être une occasion d’échanges d’idées dans la tolérance et la convivialité débutera le 1er mai pour s’achever deux semaines plus tard. La fête de la campagne électorale demeure l’occasion rêvée par les chapelles politiques pour se mesurer sur le terrain en attendant le verdict des urnes. Une semaine après la tenue du scrutin, soit le 24 mai, les résultats définitifs seront proclamés et publiés. Comme on peut le constater, ce chronogramme assez fourni ne laisse aucun répit à la Cena ainsi qu’à toutes les structures devant lui prêter main forte dans l’organisation matérielle de ces élections. A priori, elle n’attendait que le signal du gouvernement pour se mettre sur la sellette. Maintenant qu’elle a annoncé les couleurs, elle devra garder un rythme soutenu jusqu’à la proclamation des résultats. C’est désormais une question d’habitude au niveau de cette institution.
A coup sûr, les municipales et communales de 2020 ne seront pas une partie de plaisir. Elles se tiendront dans un environnement où les nouvelles lois entrant dans le cadre de la réforme du système partisan seront une fois encore wéprouvées. Ce 5ème scrutin qu’organisent Tiando et compagnie sera marqué du sceau de l’expérience. La machine est suffisamment huilée pour tourner à plein régime. La transparence du scrutin et la sincérité des résultats dépendent essentiellement des gages de crédibilité qu’offre l’institution. La Cena a intérêt plus que par le passé à s’y atteler. Il est de son devoir de rassurer les parties prenantes à cette élection dont l’issue va peser d’une certaine manière sur la présidentielle de 2021.





Dans la même rubrique