En vérité : Parcours admirable

Moïse DOSSOUMOU 11 juillet 2019

Le miracle n’a pas eu lieu. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Michel Dussuyer et ses poulains ont tout donné. En vain. Cette fois, ils n’ont pas obtenu le gain de la partie. Ainsi va la vie. Elle est faite de hauts et de bas. Cette aventure footballistique qui s’est achevée hier au Caire pour le onze national a néanmoins un goût de satisfaction. Pour une fois, à l’unanimité, les Béninois sont fiers de leur équipe. Exception faite du match contre la Guinée Bissau, les joueurs ont fait vibrer la nation sur l’ensemble des matchs. Le Bénin, considéré comme le petit poucet de cette compétition, a réussi là où d’autres géants du football africain ont échoué. Le Cameroun, tenant du titre, le Ghana, le Maroc et même l’Egypte, le pays organisateur, n’ont pas pu, en dépit de la qualité de leurs joueurs, aller loin dans ce tournoi. Mais le Bénin l’a fait.
Le calme et la résignation d’hier qui contrastent avec la liesse populaire du vendredi dernier suite à l’élimination du Maroc au terme de l’épreuve des tirs aux buts ne doivent pas faire perdre de vue l’exploit accompli par les Ecureuils. Sous d’autres cieux, aller en finale et gagner le trophée est considéré comme un exploit. Le Nigéria, l’Egypte, le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, le Maroc, champions d’Afrique à plusieurs reprises ne peuvent pas se contenter d’un parcours comme le nôtre. Vu leur palmarès, il leur faut gagner. Mais le Bénin est à ses débuts dans la cour des grands. Un enfant qui naît aujourd’hui ne peut pas marcher d’un seul coup. Il a besoin d’apprentissage et de chutes avant d’affermir ses pas. Avec ce que les Ecureuils ont fait au cours de cette édition à la Can, une élimination au premier tour lors des éditions à venir ne sera plus tolérée. C’est dire qu’on avance quand même.
Les analystes sportifs les plus avertis et les supporters les plus optimistes ne voyaient pas le Bénin parvenir en quarts de finale. Pourtant, il fallait le faire et les joueurs ont mouillé le maillot à cette fin. Certes, tout comme les autres adversaires rencontrés en Egypte, le Sénégal n’est pas une mince équipe. A la quête de leur premier sacre sur le continent depuis tant d’années, les Lions de la Teranga n’ont pas voulu rebrousser chemin aux portes des demies-finales. Après avoir dominé le match de bout en bout, ils ont fini par s’imposer. Une victoire amplement méritée. En dépit de la bonne prestation du Sénégal, les Béninois auraient pu disposer de leurs adversaires si les quelques occasions nettes de but qu’ils se sont offerts étaient transformés. Trêve d’auto-flagellation. Nous avons une équipe en construction qui a besoin d’expériences pour se forger. Cette Can aura servi à cela. La prochaine fois, les garçons nous feront davantage rêver.
Une chose est sûre à présent. Finies la période où les Ecureuils encaissaient des buts pour un oui ou un non. N’eût été le Madagascar qui fait très bonne impression, le Bénin serait à n’en point douter la révélation de cette Can. Néanmoins, son parcours fut admirable. Il a fallu trois Lions pour venir à bout du petit Ecureuil. C’est la preuve que le travail acharné paie toujours. Il faut continuer à encadrer au mieux les joueurs, à détecter de nouveaux talents, à les former et les faire évoluer dans de bons championnats. Ce n’est que par cette manière que notre pays qui s’est déjà révélé fera davantage sensation au point de devenir champion d’Afrique. Cette fois, les Béninois qui étaient habitués à la honte ont ressenti de la fierté. Il faut garder le cap. Le meilleur reste à venir. Ecureuil un jour, Ecureuil toujours.





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