A un an de la fin de la 8ème législature : Quitte ou double pour l’opposition

Angelo DOSSOUMOU 20 janvier 2022

2022, année précédant les législatives de 2023, nous y sommes ! Sur le plan politique, dans les états-majors des différentes formations politiques, c’est l’heure des grandes interrogations. Déjà, vu que peu de partis politiques sont représentés à la 8ème législature, elles sont, entre autres, relatives aux dispositions à prendre surtout par ceux qui s’étaient sentis exclus en 2019 pour s’assurer d’être, cette fois-ci, dans le starting-block de la course au Palais des gouverneurs. Au nombre de ces partis, il y a ceux de l’opposition notamment ‘‘Restaurer l’espoir’’ de Candide Azannaï, la ‘‘Fcbe’’ aujourd’hui divisée en deux tendances avec l’apparition de ‘‘Les Démocrates’’ puis la ‘‘Grande Solidarité Républicaine’’ de Antoine Guédou. Justement, parlant de participation aux législatives de 2023, ‘‘Les Démocrates’’ ont assuré hier leurs militants quant à leur détermination à être sur la ligne de départ desdites élections qu’ils souhaitent transparentes. Sans aucun doute, si ‘‘Les Démocrates’’ et les autres regroupements de l’opposition qu’elle soit constructive ou radicale veulent continuer de porter les espoirs d’une alternative au régime en place, les prochaines élections sont celles de la dernière chance.
En effet, l’année prochaine, la première équation à résoudre par les partis de l’opposition est de figurer sur le bulletin unique et de pouvoir se faire jauger par l’électorat. Evidemment, ce n’est pas gagné d’avance sauf si elle arrive, pour les uns, à surmonter ses contradictions à l’interne et faire véritablement le deuil de la présidentielle de 2021 en vue de mieux rebondir sur le plan politique et pour les autres, à gagner plus en crédibilité et ratisser plus large. Autrement, il lui serait difficile après le fiasco de 2109, de résoudre l’équation de la représentativité à l’hémicycle en 2019.
D’ailleurs, si à ce sujet, des acteurs politiques de tous bords ont timidement commencé des descentes sur le terrain, il faudra, dès à présent, à ceux de l’opposition de démontrer qu’ils sont et seront à la hauteur du défi qu’indubitablement leur opposeront les députés de la mouvance présidentielle dans leur capacité à défendre leurs mandants. Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Mais, la certitude est qu’à partir de 2023 jusqu’en 2026, autrement dit de façon spéciale en trois ans, que ça soit avec ou sans l’opposition, le parlement béninois sonnera l’heure d’une transition chargée de la notion du genre, d’un plus grand nombre mais dont les contours politiques dépendront d’abord, en partie, de la qualité des acteurs qui y siégeront.

Au carrefour de la 9ème législature
Sinon, sans vouloir se voiler la face, au fil des législatures, la qualité des élus laisse à désirer et du coup, celle des débats baisse. Pourtant, le parlement est par essence, une institution de contre-pouvoir, de contrôle des actions gouvernementales, c’est-à-dire en un mot, le lieu le mieux indiqué pour des débats contradictoires. Cela suppose qu’il est impérieux que la 9ème législature qui s’annonce avec au moins 24 femmes et au total 109 députés puisse davantage jouer son rôle de veille en ce qui concerne la bonne gouvernance du pays et la défense des priorités des populations. Car, en principe, pour un député, seul le satisfecit des mandants vaut des lauriers. En clair, il ne saurait être question d’opposition ou de mouvance présidentielle quand il s’agit de la fonction parlementaire. Mais hélas ! La confusion des rôles aidant, l’objectivité a déserté le forum à l’hémicycle et le peuple n’assiste, à la fin, qu’à des empoignades basées sur les intérêts corporatistes.
En somme, il urge et c’est dans l’intérêt de tous, de travailler, en amont, à ce que la 9ème législature gomme, par la qualité des débats qu’elle enregistrera, les appréhensions sur une tendresse trop prononcée pour l’Exécutif au détriment du peuple. Ainsi, pour donner entière satisfaction aux citoyens, elle devra savoir rester dans son couloir, éviter de donner l’impression comme ça se susurre d’être téléguidée et par conséquent, être bien droit dans sa botte du deuxième pouvoir. C’est à ce seul prix, que le parlement béninois redorera son blason d’antan avec des acteurs clé de la trempe de ceux-là qui avaient animé la première législature. Il est vrai que les contextes ont changé. Mais un parlement, quelle que soit sa composition ou sa coloration, reste un parlement. Alors, plus dynamique, proactif et même bouillant il est, mieux ça vaudra surtout pour éclairer les lanternes des populations sur les sujets socioéconomiques abordés. Et comme l’intelligence n’est généralement pas l’apanage d’un seul camp, espérons que les raisons de la diversité et de la qualité des acteurs l’emporteront, pour ce qui est de la 9ème législature, sur toute autre considération. De toute façon, si vraiment la politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire, il n’est pas évident que tous les doigts des fils du roi Guézo suffisent à boucher la jarre trouée. Et donc, vivement que la 9ème législature aille à cette école.





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