Entretien avec Orden Alladatin, député à l’Assemblée nationale : "Je rêve d'une législative plus ouverte en 2023.'

Angelo DOSSOUMOU, Arnaud DOUMANHOUN 6 mai 2021

Il est au centre d’une polémique après sa sortie médiatique du dimanche dernier sur E-Telé à propos d’une pluralité qu’il a jugé nocive pour les partis politiques. Mais convaincu qu’il est dans le vrai, l’Honorable Orden Alladatin, approché n’a pas rechigné à se prêter aux questions de votre journal. Au-delà de cette actualité, le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale s’est également prononcé sur le prochain remaniement ministériel et sur sa perception du mandat 2021-2026. Entretien.

Vous êtes l’un des soutiens clés du président Talon. Après sa réélection, dites-nous ce que vous avez retenu de fondamental de sa gestion du Bénin au cours des cinq dernières années ?
La marque déposée du président de la République au cours des cinq dernières années est son sens du devoir bien fait, sa rigueur dans la planification et le bon suivi des affaires publiques. Bref une gestion axée sur les résultats et la crédibilisation de la fonction présidentielle.

Au plan politique, on retient que l’Assemblée nationale est monocolore. En 2023, ce sera les législatives. Comment entrevoyez-vous cette élection ?
Je rêve d’une législative plus ouverte en 2023, avec au moins trois partis représentés au parlement dont une de l’opposition.

Quel avenir pour les partis satellites de la mouvance présidentielle avec cette obligation de réunir 10% des suffrages avant de décrocher un siège au parlement ?
Je ne sais pas ce que vous appelez parti satellite de la mouvance. Je suis d’ailleurs très surpris de la polémique inutile entretenue depuis hier par médias et réseaux sociaux interposés. Et pourtant mon point de vue exprimé sur E-télé est clair et sans équivoque.

A ce propos, vous avez suggéré aux partis politiques de penser à des schémas de fusion avant 2023. Pourquoi cet appel ?
Evidemment ! J’ai lancé cet appel pour répondre à la préoccupation de votre collègue de E-télé pour des élections plus ouvertes en 2023. Je confirme que la seule condition pour les partis toutes tendances confondues d’être éligibles au partage des sièges et donc de siéger au parlement en 2023, c’est d’être d’envergure nationale ; ce qui passe par la mutualisation des potentiels. C’est le sens des réformes. Il s’agit d’une exigence d’ordre général qui n’exclut pas l’Union Progressiste auquel j’appartiens. Cela dit, il appartient à chaque parti d’évaluer son potentiel et de se décider. De toutes les façons, il ne faut pas que l’on reprenne avec la polémique de l’exclusion en 2023.

Sur un autre plan, la classe politique est focalisée sur le prochain remaniement, s’il devrait y en avoir. En tant que membre de l’UP, dites-nous ce que vous auriez souhaité par rapport à la composition du prochain gouvernement.
Il nous faut un gouvernement aussi efficace voire plus efficace que le sortant. Je suis convaincu que le président de la République y veillera.

Le mandat 2021-2026 est celui du défi du développement intégral mais surtout celui du social. Avec le président Talon, après l’avoir vu faire au cours de son premier mandat, est-ce qu’il y a des chances d’espérer ?
Le président lui-même l’a dit. Il ne saurait en être autrement. Au cours des cinq dernières années, nous avons ouvert d’énormes chantiers dans le domaine social et beaucoup d’autres vont éclore dont entre autres l’assurance maladie, le micro crédit Alafia, l’Eau, l’électricité, les recrutements divers….La liste est longue. Le développement social, ça y est.

Vous êtes président de la Commission des lois à l’Assemblée. Nos lois électorales sont loin d’être parfaites notamment la loi sur l’embauche, le code électoral et la Constitution révisée qui nourrissent la polémique. Est-ce que le législateur en est conscient et peut-on espérer des corrections sous la 8ème législature ?
Il n’y a pas d’œuvre humaine parfaite, nous sommes à l’écoute de nos mandants et la mise en œuvre de ces textes sera évaluée au cas par cas dans l’intérêt supérieur de nos populations. Mais ce n’est pas parce qu’une minorité de nos concitoyens ne se retrouvent pas dans les réformes que les lois qui les portent sont mauvaises. Nous ne sommes pas prêts pour subir le diktat de ceux qui nous ont mis à genoux hier. Nous payons déjà un lourd tribut pour nos errements du passé.

Au cours de sa tournée de reddition de comptes, le président Talon a suggéré l’introduction dans la Constitution de la nécessité de cet exercice aux élus de la nation. Êtes-vous de son avis ?
(rire) C’est vous qui demandez une nouvelle révision de la constitution là hein ! Ce n’est pas moi.

2023 et ensuite 2026. Selon vous, est-ce que ce seront des adieux aux élections exclusives c’est à dire sans les partis de l’opposition radicale ?
L’opposition a son destin en main. A elle de s’organiser pour rester présente dans l’arène. Les textes sont les mêmes pour tout le monde. Mon souhait est l’unité de l’opposition. C’est une condition favorable au succès.

He Orden Alladatin, vous étiez de la société civile avant d’être politicien. Entre les deux sacerdoces, quel est le plus utile pour être véritablement au service du Bénin et pourquoi ?
Les deux engagements sont utiles pour la cité. J’ai décidé de m’engager en politique pour mieux impacter les politiques publiques et depuis lors mon pays change en bien. Et puis nous irons loin….très très loin. Ce n’est pas beau ça (rire) ? Pardon ! Je ne suis pas politicien. Dites homme politique ! (rire).

Votre ancienne camarade de la société civile Reckya Madougou est en prison. Que ressentez-vous surtout au vu de son passé au service de la défense des droits fondamentaux ?
C’est regrettable et s’il y a un enseignement à tirer de ça, c’est que chacun d’entre nous doit savoir ne pas aller trop loin. Que la justice fasse son travail.

Le Bénin a besoin avant tout de paix. Selon vous, qu’est-ce qu’il y a à faire pour qu’il en soit ainsi ?
La paix n’est pas un mot, c’est un comportement.

Votre mot pour conclure
Le développement ça y est. Que Dieu bénisse le Bénin, mon beau pays !
Entretien réalisé par Arnaud DOUMANHOUN et Angelo DOSSOUMOU S.





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