Formation de grands partis politiques au Bénin : Audace de Djogbénou-Sagesse de Houngbédji ... le parfait message d’union

Angelo DOSSOUMOU 8 août 2022

Qui l’eût cru ? Même si en politique tout est possible, au regard de la détermination jusqu’ici affichée par les militants du Parti du renouveau démocratique (Prd) de conserver leur identité et leur totale liberté vis-à-vis des deux blocs de la mouvance présidentielle, peu d’analystes auraient parié, ne serait-ce qu’avant les législatives de 2023, sur une imminente fusion des Tchoco-Tchoco avec l’Union Progressiste (Up). Après le conclave du samedi dernier au domicile de Me Adrien Houngbédji qui a enregistré la participation non seulement de la Direction exécutive nationale du Prd, les sages du parti arc-en-ciel, les coordonnateurs des 24 circonscriptions électorales mais aussi celle du président de l’Up, Me Joseph Djogbénou et ses collaborateurs, ce qui était de l’ordre de l’impossible est tout à coup devenu une certitude.
Ainsi, sauf revirement spectaculaire, la réforme du système partisan va, à la faveur du prochain mariage UP-PRD prévu avant la fin du mois d’août, prendre un tournant décisif. Et s’il doit en être ainsi, ce sera à l’actif des nouveaux tourtereaux Me Adrien Houngbédji et Me Joseph Djogbénou. D’ailleurs, sans la sagesse du premier et l’audace du second, il aurait été très difficile d’envisager une quelconque fusion entre le plus vieux parti de l’ère du renouveau démocratique et celui occupant actuellement le premier rang des plus représentatifs sur l’échiquier politique national. Seulement, le constat est là. Entre les deux personnalités, la magie a opéré et les effets du mariage politique qui se dessine risquent d’être positifs lors des prochaines joutes électorales. Car, peu importe les clauses de la future fusion, l’attelage semble très parfait et ne peut que surprendre les adversaires politiques qui n’auront d’autres choix que de travailler à combler un prévisible écart numérique.

L’épouvantail 10% des suffrages !
A ce sujet, les élections législatives du 8 janvier 2023 sont un enjeu capital pour la quinzaine de partis légalement reconnus. Si a priori, au sein de la mouvance présidentielle, l’Up et le Br étaient beaucoup plus armés que le Prd et Moele-Bénin, force est de constater qu’avec le rapprochement Up-Prd, les rangs se resserrent davantage au sein des partis défendant la vision de Patrice Talon. Evidemment, le spectre des 10% de suffrage à obtenir au plan national avant de décrocher le moindre siège gomme les égos et oblige au réalisme. En somme, du côté des partisans les plus en vue du président Talon, il ne reste que l’entité Moele-Bénin qui résiste encore à la fusion. Mais pour combien de temps ?
En face, l’opposition éparse avec ‘‘Les Démocrates’’, la Fcbe, Restaurer l’espoir, le Mpl pour ne citer que ceux-là devrait se poser mille et une questions. Il est vrai que les victoires politiques ne se résument pas toujours à une arithmétique des entités politiques. Mais, elle y concourt beaucoup. D’où, l’annonce des fiançailles entre le Prd et l’Up ne laissera pas indifférents les ténors de l’opposition. Seulement, entre vouloir et pouvoir, il y a un grand fossé. En plus clair, ce qui est possible avec les partis de la mouvance ne l’est pas forcément avec ceux de l’opposition.
En dépit des contraintes de la réforme du système partisan, Eric Houndété, Paul Hounkpè, Candide Azannaï et autres continuent de s’efforcer à jouer à l’individualisme. Cela suppose que dans le cas du futur mariage l’UP-Prd, il n’est pas donné à tous de faire preuve de sagesse à l’instar de Me Hougbédji et d’audace comme Me Djogbénou. En attendant le réveil des partis qui, forcément au soir du 8 janvier prochain, auront du mal à trouver leur place dans les urnes à plus forte raison, lever l’équivoque des 10%, l’Up et le Prd sont en train de faire le choix de l’assurance. Quoi de plus normal que de leur souhaiter bon vent et inviter les autres partis à œuvrer à cette clarté sur l’échiquier politique qui tarde à donner à la réforme du système partisan ses lettres de noblesse. Mais, le Prd a finalement compris et est dans la phase de s’ouvrir et de fusionner. Sans doute, c’est le glas de l’individualisme politique qui sonne. Tendons simplement les oreilles.





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