Ouverture ce jour du dialogue politique : Le pas décisif vers la paix

Arnaud DOUMANHOUN 10 octobre 2019

Le jour J. Patrice Talon tient sa promesse. Le dialogue politique annoncé s’ouvre sous ses auspices ce jour au Palais des congrès à Cotonou. Après les évènements fâcheux découlant de l’organisation des législatives du 28 avril dernier, les acteurs, toutes colorations politiques confondues, auront le mérite de jeter à nouveau les dés afin de repartir sur de nouvelles bases. Au total, neuf formations politiques sont attendues à cette messe de la démocratie : l’Union Progressiste (Up), le Bloc Républicain (Br), le Parti du renouveau démocratique (Prd), le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Benin), la Force cauri pour le développement du Bénin (Fcdb), l’Union Démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud), les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), le Parti la flamme renouvelée (Pfr).
Il ne s’agira pas au cours de ces assises, de tourner le dos au passé, mais d’en tirer les leçons pour l’avenir. « …Ce sera un dialogue de bonne foi pour des solutions consensuelles. Tous préjugés sont contre-productifs pour l’avancée de la démocratie », a déclaré ce mercredi 9 octobre à la présidence de la République, le ministre de la communication, Alain Orounla lors du compte rendu hebdomadaire du conseil des ministres.
Le consensus ! Il sera le maître mot de cette rencontre qui nourrit tant d’espoir, aussi bien dans le rang des politiques que de l’opinion publique. Il est temps que le Bénin panse ses plaies. Dans un sursaut patriotique, chacun des participants à ce dialogue devrait y mettre du sien, pour faire restaurer cette image de havre de paix qui nous colle à la peau telle une ombre, depuis l’historique conférence nationale de février 1990.

« La plus grande satisfaction pour un homme politique, c’est de pouvoir dire qu’il a contribué, par ses efforts, par ses sacrifices, par ses prises de position à ramener la paix dans son pays. Je sais qu’en venant ici, vous cherchez à savoir pourquoi votre parti, le Prd a été exclu des élections. Ne cherchons pas à savoir. Ne cherchons pas à parler. A vouloir le faire, à vouloir parler, nous risquons de réveiller les vieilles querelles... », les mots de cette adresse du président Adrien Houngbédji à l’endroit de ses militants en septembre dernier, sont encore valables aujourd’hui. Mieux, il va ajouter : « Ce qui s’est passé appartient au passé. Mettons-le sur le compte des erreurs humaines d’appréciation, sur le compte des malentendus. Nous sommes ici, aujourd’hui, pour fermer une page ; pour en écrire une autre. La nouvelle page, c’est la page des prochaines élections locales, municipales et communales ».
S’inspirer de ces propos de Me Adrien Houngbédji dont le parti, par le concours des circonstances, n’a non plus pris part aux joutes électorales du 28 avril dernier, ce serait déjà une bonne prédisposition pour le succès des travaux.
Toujours est-il que la question substantielle de ces assises demeure ces lois électorales qui ont déchiré la classe politique et mis à mal la marche démocratique engagée depuis l’avènement du renouveau démocratique.
Les regards sont alors tournés vers les participants à ces assises où l’on imagine bien que le discours d’ouverture de Patrice Talon sera axé sur la réconciliation et la politique au service du développement. Gardons le souffle.





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