Patrice Talon à propos du projet de loi sur la protection des femmes : « La lutte contre le harcèlement sexuel et le viol sera plus farouche que celle contre la corruption »

Adrien TCHOMAKOU 24 septembre 2021

Le projet de loi de la décennie sous Patrice Talon est en route pour le parlement. Intitulé « projet de loi portant mesures spéciales de répression des infractions commises à raison du genre et de protection de la femme en République du Bénin », il renforce la protection de la femme face aux agressions sexuelles qu’elle pourrait subir. La tentative de harcèlement sexuel et le harcèlement sexuel deviendront des infractions pénales au même titre que le viol et le viol sur mineur. Elevées au rang de crimes, elles seront punissables à des peines d’emprisonnement ferme allant de 3 à 20 ans. Ce nouvel arsenal juridique sera consolidé pour cette lutte implacable contre les agressions sexuelles faites sur les femmes avec la création d’une ‘’Chambre de jugement des infractions à raison du genre’’ à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ainsi, tout sera mis en œuvre pour conférer à la femme toute sa dignité. C’est pourquoi, des magistrats seront formés pour la cause et le gouvernement entend mettre assez de moyens à la disposition de l’Institut national de la femme pour la lutte contre le fléau.
Hier mercredi 23 septembre 2021, le Chef de l’Etat, les membres du gouvernement et les députés à l’Assemblée nationale se sont retrouvés au détour d’un séminaire pour mieux corser les articles de ce projet de loi. Dans son exposé, Séverin Quenum, le ministre de la justice et de la législation, Garde des sceaux, a précisé que l’innovation majeure contenue dans ce projet de loi est la création d’une nouvelle catégorie d’infractions dénommées ‘’Infractions à raison du genre’’. Il s’agit, selon ses propos, « des infractions pour la commission desquelles le sexe de la victime est la considération préalable » à savoir le harcèlement sexuel, le viol, l’interruption forcée de grossesse ou les mutilations génitales féminines. C’est dire donc que ces infractions sont lourdes de conséquences.
A la lecture de ce projet de loi, on constate aisément que certains articles sont impitoyables à l’encontre des enseignants qui seraient tentés d’abuser de leurs élèves. Patrice Talon a clairement affiché sa position sur ce cas particulier. « Si un enseignant tombe amoureux de son élève ou de son étudiante, qu’il change de classe, d’école, d’amphi ou démissionne. Les filles doivent mériter leurs notes et avoir la paix du cœur pour étudier », a-t-il dit. Très remonté contre les pratiques malsaines de certains professeurs, le président de la République enfonce le clou : « L’enseignant qui harcèle une apprenante dans tout secteur doit être découragé à jamais. Toutefois, une fille qui harcèle son professeur doit être poursuivie. Et l’enseignant doit vite la dénoncer »…





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