Patrice Talon sur l’état de la nation : L’école, la santé, l’internet…les trains en retard

Moïse DOSSOUMOU 30 décembre 2020

« Les trains qui viennent à l’heure, cela n’intéresse personne ». Cet axiome très célèbre dans les écoles de journalisme est toujours d’actualité. Hier mardi 29 décembre 2020, pour la 5ème fois consécutive, Patrice Talon a prononcé un discours sur l’état de la nation. Ses propos, aussi flatteurs et encourageants qu’ils soient pour sa gouvernance, ont néanmoins révélé des points d’insatisfaction qui subsistent.
Du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, Patrice Talon a reconnu qu’il y a des secteurs vitaux dont les actions de son gouvernement n’ont pas encore permis de donner satisfaction aux Béninois. C’est ainsi que l’accès aux soins de santé, l’un des cinq besoins fondamentaux de la personne humaine n’est pas chose aisée. « Au plan sanitaire, notre indice de satisfaction demeure faible, même si le personnel dédié est désormais plus disponible. Il nous faudra encore patienter quelques temps pour constater les effets de nos efforts ». Vu qu’il s’agit d’un domaine très sensible et que les bons résultats tardent à se faire sentir, le chef de l’Etat devra redoubler d’ardeur pour faire bouger sensiblement les lignes. De la santé à l’école, il n’y a qu’un pas. « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple ». Jacques Danton ne croyait pas si bien dire. Sur ce plan, le président de la République est resté très réservé. « Dans le secteur éducatif, notre situation demeure globalement préoccupante », a-t-il martelé. S’il argue que le taux de scolarisation paraît de plus en plus satisfaisant, il n’en demeure pas moins que « la couverture des besoins en infrastructures et surtout en enseignements demeure insuffisante à tous les niveaux ». Comme pour enfoncer le clou, Patrice Talon soutient que « notre faiblesse la plus préoccupante dans ce secteur vital pour notre présent et surtout pour notre avenir, est d’ordre structurel ». Très incisif, il n’a pas manqué d’admettre que le système éducatif forme au chômage et n’offre pas à notre économie une main d’œuvre qualifiée. A ses yeux, la solution est toute trouvée : remplacer la majorité des établissements secondaires et universitaires par des collèges, des lycées et des écoles supérieures techniques et professionnelles.
Ayant misé sur la dématérialisation de plusieurs procédures administratives naguère contraignantes dans le but d’alléger le fardeau des usagers des services publics, Patrice Talon se désole du fait que les « autres biens de connexion que sont l’internet et le téléphone demeurent un rêve pour un grand nombre de nos concitoyens et ceux d’entre nous qui en disposent ne sont pas pour autant satisfaits de la qualité du service ». Comme pour adoucir la triste réalité, il promet combler ces attentes en 2023, soit deux ans après la présidentielle de 2021 pour laquelle plusieurs considérations s’accordent à dire qu’il sera sur la ligne de départ.
L’emploi stable et valorisant, grosse attente de la jeunesse n’est pas non plus au rendez-vous des prouesses gouvernementales. « Le taux de chômage reste élevé malgré le grand nombre d’emplois créés dans notre pays ces dernières années », avoue le chef de l’Etat qui promet malgré tout prendre davantage le taureau par les cornes.





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