Présidentielle du 11 avril prochain : L’heure de la précampagne, des erreurs à éviter

Arnaud DOUMANHOUN 26 janvier 2021

Des pas décisifs vers un scrutin certain. Du 25 janvier au 25 mars 2021, court la précampagne pour le compte de la présidentielle du 11 avril prochain. Et les acteurs sont conviés à plus de responsabilité dans l’animation de la politique. « Durant cette période, il est formellement interdit à tous les médias, la diffusion de tout élément de campagne électorale relatif à l’élection présidentielle de 2021… », prévient la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) dans sa décision 21-002 du 13 janvier 2021.
En effet, selon le calendrier électoral, rendu public par la Commission électorale nationale autonome (Cena), organe ayant en charge l’organisation des élections, la campagne électorale pour le premier tour de l’élection présidentielle couvre la période allant du 26 mars au 9 avril 2021. Ainsi, tout acte de propagande ou toute publicité visant à promouvoir un probable candidat sera considéré comme une violation de la loi 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral en République du Bénin. Selon l’article 44 de ladite loi : « La campagne électorale est l’ensemble des opérations de propagande précédant une élection et visant à amener les électeurs à soutenir les candidats en compétition. Avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, les partis politiques continuent, conformément à la Constitution et à la charte des partis politiques, d’animer la vie publique et d’assurer l’information des citoyens ». Voilà toute la problématique. Comment sera-t-elle établie, la limite entre l’animation de la vie publique et les opérations de propagande ? Une formation politique qui prépare la compétition pour le palais de la Marina aura, sans doute, à programmer des actions allant dans le sens d’une meilleure visibilité et, la démarcation avec l’animation de la vie publique n’est pas si évidente.
A juste titre, en période de précampagne, les états-majors des partis politiques s’accusent mutuellement sans véritablement s’en référer à un arbitre. L’impatiente gagne les rangs, l’occupation du terrain devient un challenge et dans le feu de l’action, les injonctions du législateur reléguées au second plan.
Pourtant, il va falloir que chaque acteur politique assure en toute responsabilité les manquements à la loi. Au moment opportun, il ne faudra pas crier à une chasse aux sorciers. La lecture combinée des articles 46 et 47 du code électoral révèle : ‘’La campagne électorale est déclarée ouverte par le président de la Cena. Elle dure quinze (15) jours. Elle s’achève, la veille du scrutin à zéro (00) heure, soit vingt-quatre (24) heures avant le jour du scrutin. Et Nul ne peut, par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne électorale en dehors de la période indiquée’’. Voilà qui est clair ! « La loi est dure, mais c’est la loi ».





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