Assainissement du secteur public de la santé : La forfaiture de certains agents mise à nu, des sanctions prévues

Bergedor HADJIHOU 24 septembre 2020

Des rapports accablants pour les disciples d’Hippocrate. Des manquements graves sont reprochés à plusieurs d’entre eux par le conseil des ministres de ce mercredi 23 septembre 2020, à l’issue des missions d’investigation de différents corps de contrôle dans les formations sanitaires publiques.

La santé ne s’accorde jamais avec la débauche dit un proverbe oriental. Au Bénin, on est tenté de dire si ! Le relevé du conseil des ministres d’hier laisse penser à un dérèglement des mœurs chez les hommes en blouse. Vente illicite de médicaments, mauvaise gestion caractérisée par le rançonnement, des aides-soignants et des paramédicaux qui se font passer aux yeux des usagers pour ce qu’ils ne sont pas, tous les maux dont on ne pouvait soupçonner un secteur comme celui de la santé y sont relatés comme monnaie courante. « Au plan administratif, les faits ainsi incriminés, en raison de leur extrême gravité, sont passibles de révocation ou de rupture du contrat de travail », dixit le conseil des ministres. Les brisures ont été mises au grand jour grâce à la lecture croisée des rapports de plusieurs missions d’investigation. Un double couperet plane sur la tête des mis en cause. En plus des sanctions disciplinaires voulues telles des plus fermes, des poursuites judiciaires sont annoncées. Et si les décaissements de fonds mettent souvent plus de temps à s’opérer dans les administrations sanitaires impactant négativement l’efficacité de l’action publique, la situation est désormais loin de s’arranger. N’ayant pas le choix, le gouvernement interdit le préfinancement des dépenses par des ponctions directes sur les recettes. En outre, les personnes inculpées devront rembourser les fonds frauduleusement décaissés et distraits.

Un exécutif renforcé dans ses réserves
Il y a deux ans, les agents de santé qui cumulaient les fonctions dans les secteurs public et privé ont été sommés de faire un choix au risque de perdre leur titre. Certains agents ont été soupçonnés de brader le service pour lequel ils étaient payés dans le public au profit d’un exercice en clientèle privée à l’extérieur qui rapportait encore plus. D’autres ont été pressentis d’abuser dans ce cadre, des outils de travail mis à leur disposition. Des faits que les conclusions des rapports diligentés semblent conforter. L’abus de biens publics se poursuit avec la création d’entreprises fictives et / ou d’usurpation de titre de directeur d’entreprise , insiste le conseil des ministres.





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