Dialogue sur les mesures prises au Bénin avant la reprise des cours : Les syndicats boudent l’offre des ministres

Angelo DOSSOUMOU 14 mai 2020

La probabilité est très forte. A la rencontre initiée par les ministres des enseignements primaire et secondaire et prévue pour ce jour afin d’aplanir les divergences autour des conditions de reprises des cours, il est fort à parier que les centrales syndicales n’y seront pas. Du moins, ceux d’entre eux contactés ont assuré que ce rendez-vous n’est plus utile puisque, défendent-ils, mis devant le fait accompli et après avoir ignoré leurs propositions d’avant la reprise des classes, ils ne trouvent pas le bien-fondé de l’initiative des ministres des enseignements. Cela suppose que si les partenaires sociaux restent dans leurs logiques et, entre temps, sans trouver une stratégie devant permettre très rapidement, l’assouplissement des positions, ce serait peine perdue pour les initiateurs de la rencontre post-rentrée autour des dispositifs anti-Covid-19 ou de l’attitude la plus judicieuse pour sauver l’année scolaire et en même temps, mettre à l’abri l’intégrité physique de milliers d’apprenants.
Mais, à l’allure où va cette mal-compréhension entre les syndicats qui, évidemment avaient fait des propositions pour la reprise des cours et leurs ministres de l’éducation, c’est plutôt bien parti pour la guerre des égos et le sacrifice des enfants sur l’autel de l’orgueil des uns et des autres. Malheureusement, tout seul, on ne saurait être le plus intelligent ou encore, c’est de grandes confrontations d’idées que jaillit la lumière. Alors si, en amont, des erreurs sont à déplorer, dans l’intérêt des enfants, autant éviter un boycott de plus et aller, quel que soit ce que cela coûte, à la table des négociations. D’ailleurs, le combat contre le Covid-19 en milieu scolaire est une affaire de tous les acteurs et ce n’est pas le moment de laisser les frustrations, fussent-elles légitimes, prendre le dessus et laisser un boulevard à une pandémie qui adore diviser pour mieux régner.
Pour toutes ces raisons, les prochaines heures voire minutes sont capitales. Car, de la réaction des uns et des autres, dépendra la suite à donner à une impérieuse rencontre syndicats-gouvernement pour corriger ce qui peut encore l’être et aller de l’avant dans le combat commun contre le coronavirus. Ce qui est sûr, mieux vaut tard que jamais et puisque l’opportunité de se prononcer directement en face des membres du gouvernement sur les décisions prises pour la reprise des classes est enfin offerte, autant ne pas bouder le plaisir de se faire entendre et pourquoi pas manifester sa colère en direct.
De toute façon, il est encore temps aux syndicats pour changer d’avis sur leur envie de se faire désirer par les ministres ce jour. C’est pourquoi, au nom de l’unité qui doit être contre le Covid-19, nul ne saurait être de trop et si certains ont mis du temps pour le comprendre, place ne doit non plus être laissée au découragement et à l’indifférence. Enfin, la pandémie qui continue sa marche macabre n’a que faire de nos états d’âme. Au contraire, elle en profitera à foison et ce serrait tant pis pour tous.





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