Diane Laourou, Ingénieure de la météorologie au sujet du Harmattan : « Il faut se protéger et veiller à l’hygiène dans tout ce qu’on fait »

Fulbert ADJIMEHOSSOU 9 janvier 2020

Le Bénin entier est au frais et sous la couverture de vent sec accompagné de poussières depuis quelques semaines. Comme chaque année, le Harmattan sévit et suscite cette fois des interrogations de la part des populations. Ingénieure de la météorologie, Chef Division Prévision à l’Agence Nationale de la Météorologie, Diane Laourou donne quelques explications.

C’est quoi le Harmattan selon vous ?
Le harmattan est un vent très sec en provenance du Sahara qui souffle généralement du secteur Nord-Est et qui est caractéristique de la saison sèche en Afrique de l’Ouest. Ce vent va être en effet très chaud en journée, notamment pendant l’après-midi et très frais, c’est pour ne pas dire froid pendant la nuit et au petit matin. L’autre particularité de ce vent, c’est qu’il est accompagné de particules de poussière qui provoquent des inconforts sur la population. C’est donc un phénomène saisonnier qui s’étend généralement sur tout l’hiver, c’est-à-dire tout le mois de décembre à février parfois qui peut perdurer pendant le mois de mars et d’avril.
Au Bénin, en 2019, c’est depuis le début du mois de décembre que certaines régions de notre pays étaient sur l’influence de ce régime d’harmattan. Il s’agit notamment des régions du nord, les villes de Kandi, de Karimama, de Djougou, de Parakou et autres. C’est progressivement que ce régime d’harmattan s’est généralisé sur l’ensemble du pays. Sur les régions côtières, c’est dans la journée du 29 décembre 2019 que le vent d’harmattan s’est réellement manifesté avec une brume de poussière très épaisse qui a réduit considérablement la visibilité.

Quels sont les constats que vous avez eu à faire cette année ?
Ce qui inquiète avec ce régime d’harmattan cette année, c’est le vent qui peut être parfois fort et causer des dommages sur les biens et les personnes comme ce que nous avons observé ces derniers temps par endroits. En effet, il y a une hausse généralisée de la pression atmosphérique en surface sur nos régions. C’est ce qui a entrainé un renforcement des alizés qui s’échappent de ces champs de pression de l’hémisphère nord notamment l’anticyclone des Açores et l’anticyclone de la Libye. A Parakou, on a enregistré des rafales allant de 25 km /h. A Cotonou, la vitesse du vent a atteint par moment 33 km/h dans ce début de mois de janvier. Mais tenez-vous tranquille, ce n’est pas une situation inhabituelle. C’est un phénomène qui est saisonnier et chaque année, le Bénin l’expérimente. C’est vrai que pour certaines années, l’intensité peut varier puisque notre climat varie. La dernière fois qu’on a enregistré des épisodes d’harmattan similaires remonte aux années 2013-2016, même bien avant. Ce n’est pas vraiment un phénomène inhabituel.

Jusqu’à quand ce régime d’harmattan va persister ?
Ce qui est évident c’est un régime qui est caractéristique des trois prochains mois, notamment janvier, février, mars voire avril. Tant que ce régime va se maintenir, les précipitations seront bloquées par moment compte tenu des interactions des champs de hautes pressions qui affectent le régime. Ce régime d’harmattan peut soit s’intensifier ou s’atténuer par moment. Ce qu’il faut privilégier ici c’est le comportement. C’est-à-dire il faut se protéger. il faut veiller à plus d’hygiène dans tout ce qu’on fait. L’autre conseil que je peux aussi donner, c’est de suivre les bulletins météo de l’Agence Nationale de Météorologie. On annonce généralement la tendance du temps à venir.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU & Emma AWONON (Stag)





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