Le jardin de case : manger bio et pallier la cherté de la vie

23 juillet 2024

Il ne se plaint pas de la cherté de la vie. Lui, c’est Théophile Wuemenou, un ingénieur agronome et père de famille qui vit en plein cœur de Godomey, un bourg de la commune d’Abomey-Calavi. C’est un homme bien en forme physiquement, calme et souriant traduisant un certain bien-être. En réalité, il a trouvé la meilleure formule pour vivre mieux. Il consomme des aliments bio et sains. « Quand on contrôle ce qu’on mange, on est en bonne santé. Et il faut cultiver ce qu’on consomme », clame-t-il. A l’arrière-cour de sa maison, Théophile a cultivé plusieurs variétés de légumes. Du vernonia, du basilic ou Tchayo, des amaranthes ou fotètè, du piment, du pissenlit, des tomates et du gombo sont autant de plantes qu’on retrouve dans la maison. Le propriétaire a aménagé un espace dans la maison pour cultiver ces plantes utiles à la consommation. C’est le jardin de case. « C’est tout espace dans la maison qu’on occupe en y mettant des cultures qui servent à la consommation. C’est prioritairement les légumes feuilles. Les gens peuvent les mettre parce qu’on n’a pas besoin de grand espace. Alors c’est un petit espace qui peut avoir les types de légumes comme Amanvivè, Tchayo, Fotètè, piment, tomates, du gombo », a-t-il confié. Dans ce jardin, on peut avoir de quoi soigner certains malaises ou même prévenir des maladies. Ainsi, il a concocté sa propre pharmacopée. On y retrouve des plantes médicinales mais également des fruitiers. « Nous avons du papayer qui nous permet de manger des fruits. Chaque semaine, nous pouvons avoir jusqu’à 5 fruits pour la consommation donc à peu près un fruit par jour. Mais les feuilles, les écorces et les racines du papayer peuvent servir à des soins contre des maladies. Nous avons également de la citronnelle et la plante de laurier qui sont des plantes médicinales et le laurier qui est aussi un thé. Elles servent donc aux soins et à l’alimentation. Dans l’ancien temps nos parents mettaient surtout les plantes médicinales dans le jardin de case, c’était ça qu’il faisait, si bien que dès qu’il y a une crise de santé, il va derrière, il va prélever une feuille pour soigner », a ajouté l’ingénieur agronome. Le jardin de case est une panacée contre la flambée des prix des produits de première nécessité. En implantant ce jardin, l’on ne dépense plus pour certains besoins entrant dans la préparation des repas. C’est le cas des légumes comme dans le cas de Théophile qui a opté pour leur culture. Pour certains, il préfère la culture des céréales. « Il y a d’autres personnes qui sollicitent des parcelles vides inoccupées pour faire des champs de maïs ou d’autres céréales », a confié Théophile Wuemenou. Par la culture des légumes à la maison, il est possible de nourrir un ménage de trois ou quatre personnes et pendant une bonne période. « Si vous avez un jardin de case qui fait par exemple 4 sur 6 mètres, vous pouvez consommer régulièrement les légumes dans l’intervalle de tous les trois jours avec un ménage de 4 personnes », a confié le chantre des jardins de case.

Manger bio et sain avec le jardin de case
« Nous contrôlons ce que nous mangeons », affirme Théophile Wuemenou. Un avantage pour la santé et le bien-être en adoptant le jardin de case. Il permet la consommation des aliments dépourvus de traces de pesticides et non cultivés à l’aide d’engrais chimiques. La culture dans un jardin de case est naturellement faite contrairement à celle effectuée dans le but de la vente de masse. « Ce qui est bon pour le jardin de case, c’est qu’on contrôle ce qu’on mange. Aujourd’hui au Bénin, les marchés sont remplis de produits chimiques. D’abord les engrais chimiques, ce qui cause les problèmes de vomissements, de diarrhée et les problèmes de santé que nous avons. Quand je prends le cas des légumes qu’on achète auprès des jardiniers, il y a risque de manger des aliments contaminés par les pesticides. En effet, les jardiniers veulent que cela soit bien joli. Quand ils pulvérisent avec les insecticides, ils peuvent vendre les légumes le même jour à la bonne dame qui les revend au consommateur finale. Or, il est dit qu’il faut au moins deux semaines de rémanence pour que le produit chimique puisse quitter. Or si on cultive ça chez soi, on peut éviter les problèmes de santé causés par des engrais chimiques et pesticides. Le jardin de case peut aussi nous permettre d’éviter de tomber malade à cause de l’alimentation », a confié Théophile.
Ange M’poli M’TOAMA



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