Résilience des communautés aux effets néfastes des changements climatiques : l’apport de PANA Energie pour le reboisement des forêts au Bénin

17 septembre 2023

Les forêts font partie des réservoirs de carbone les plus importants au monde. Au Bénin, au regard des effets combinés de la déforestation (surtout conversion des forêts en terres cultivées), de la dégradation des forêts et autres affectations des terres (due à la collecte de bois rond commercial et de bois énergie), le Gouvernement s’attèle depuis 2016 à l’inversion de tendance à la baisse de l’émission des Gaz à Effet de Serre (GES). 750 ha de terre ont donc été reboisés grâce au projet de renforcement de la résilience du secteur de l’énergie aux impacts des changements climatiques, PANA Energie.

Faire du Bénin, un puits de carbone est l’une des ambitions du gouvernement du Bénin face aux effets néfastes des changements climatiques. Appuyé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), 750 ha de terre ont été reboisés en 2018.
Grâce aux différentes essences végétales plantées, les communautés riveraines des espaces reboisés sont témoins désormais de la restauration de la biodiversité et jouissent de ses avantages. La forêt de Téfougou est un exemple palpable. Elle est située à Pélébina, dans la commune de Djougou, à environ 461 km de Cotonou. Les feux de brousse répétitifs, les abattages massifs d’arbres et la disparition de certaines espèces végétales et animales constituent le spectacle désolant qui y était observé. Les exploitations agricoles environnantes aussi en pâtissaient.
PANA Energie a fait reboiser des plants d’acacia et de gmelina par les communautés sur une superficie de 100 hectares à Téfougou. En plus, les communautés riveraines ont bénéficié de diverses formations sur la gestion durable des forêts. Assouma Amadou Daouda est un instituteur à la retraite. Il est âgé de 62 ans et vit à Pélébina centre. Avec le projet de PANA Energie, il dit avoir pris conscience de l’utilité de la forêt pour l’homme. « Depuis que notre forêt de Téfougou est entièrement reboisée, nous observons une amélioration dans la pluviométrie et de l’air que nous respirons », confie-t-il.
La plantation de Téfougou impacte donc assez positivement les habitants de Pélébina en particulier et ceux de Djougou en général. Assouma Amadou Daouda raconte les avantages que cette forêt procure à la communauté : « La formation de gestion durable des forêts nous a amené à épargner nos plantations de karité des feux de brousse et en prendre soins. Nos femmes trouvent assez de noix de karité pour fabriquer du beurre. Avec ce même karité, elles produisent aussi du savon noir, qu’elles commercialisent. Avec l’entretien et vu qu’il n’y a plus de feu de forêts, les arbres sont toujours frais, une vingtaine d’apiculteurs bénéficient également de la présence des abeilles et ont installé des ruches pour produire du miel ».
Les exploitations agricoles environnantes des forêts reboisées reçoivent régulièrement la visite des abeilles qui apportent du pollen aux plantes. Antoine Kami, agriculteur dans le village de Kolobi, commune de Djidja, en sait désormais quelque chose. Son village, situé à 3 kilomètres d’Abomey, a aussi bénéficié de 100 hectares de plantations d’essences à croissance rapide. « Cette forêt reboisée nous apporte trop de bonheur. Nous nous sommes rendu compte que l’arbre est une bonne chose que PANA Energie nous a apportée. Peu à peu, les espèces animales en voie de disparition telles que l’agouti, la biche, la pintade ont commencé à repeupler la forêt et nous sommes fiers pour nos frères qui peuvent reprendre la chasse », explique Antoine, tout joyeux.
Le projet de renforcement de la résilience du secteur de l’énergie aux impacts des changements climatiques au Bénin (PANA Energie) vise à réduire la vulnérabilité des populations aux conséquences des changements climatiques en leur offrant un meilleur accès à des sources d’énergies renouvelables et en protégeant les ressources forestières. Le volet reboisement forestier du Projet est mis en œuvre dans sept communes béninoises à savoir : Bantè (Bobè), Dassa-Zoumè (Fita), Ouèssè (Gbédé), Djidja (Kolobi), Djougou (Téfounou), Toucoutouna (Dahendé) et N’Dali (Nonsinanson). L’approche participative impliquant les communautés bénéficiaires dont les membres tirent des profits économiques tout en protégeant les plantations, garantit ainsi la pérennité de l’intervention du projet dans ces localités.

Tayon Ulrich LAVINON (Coll)



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