Portrait d’un basketteur handicapé : Salahou Abdoul-Wahab vise le panier pour avancer

La rédaction 11 septembre 2020

Salahou Abdoul-Wahab est un professionnel du handibasket. Plein de ressources, l’athlète s’efforce de progresser dans sa carrière de sportif, parallèlement à ses activités personnelles.

Rien ne sert de courir, l’essentiel est d’arriver. Sur ses deux béquilles, la trentaine, Salahou Yékini Abdul-Wahab avance à petits pas sur l’aire de jeux de l’Unafrica. Touché par la poliomyélite depuis l’enfance, celui qu’on surnomme Yek, est prêt pour la messe sportive : son entraînement du dimanche matin. Mais si aujourd’hui l’athlète ne jure que par le basket, ça n’a pas toujours été le cas auparavant. Bon blagueur qu’il est, il raconte : « enfant, je jouais au football en tant que gardien de but. Ce n’était pas approprié à mon handicap et donc je restais par terre pour rattraper le ballon. Nous autres ne connaissions pas le basket de là où je viens ».

Le début d’une histoire
Originaire de Djougou, une ville située au nord-ouest du Bénin, à plus de 500 km de Cotonou, il n’a rejoint la capitale économique qu’en 2008. « C’était pour continuer mes études. Et c’est en 2012 que j’ai entendu parler du club Lion Handisport par le biais d’un ami. J’étais alors boursier, en première année d’anglais à l’Uac quand j’ai découvert la balle au panier au sein de l’équipe ‘’Lion Handibasket’’ ». Ça a été le coup de foudre, mais ce n’est devenu une passion que lors de sa première victoire. « En 2014, j’ai eu l’occasion de voyager sur le Nigéria pour participer à mon premier championnat. Notre club avait remporté la coupe cette année-là ». Les victoires se sont alors multipliées. « La plus récente est celle de la finale qui s’est jouée entre le Bénin et le Ghana en Août 2019 », rappelle-t-il, satisfait de son parcours de vainqueur.
Toutefois, le féru de basket-ball ne vit pas de sa passion, le handibasket n’étant pas développé au Bénin. « Nous participons à de grandes compétitions. Cependant, on ne peut pas y compter. J’ai donc une activité secondaire, plus ou moins stable. Je suis rédacteur pour le site proadiph.org depuis presqu’une année. Mais la covid-19 a été un véritable frein ».

Ses batailles personnelles
Dévoué et « audacieux » Salahou Abdoul-Wahab n’a pas eu une vie des plus simples. Orphelin depuis son jeune âge, il « s’est retrouvé seule face à son destin ». Ce qui pourrait justifier son envie de « se connaître, de connaître les autres et la structure étatique ». Il s’inscrit alors en droit à l’Université d’Abomey-Calavi en 2013. « Mon ambition était de découvrir l’humanité, de comprendre ce qu’on devrait avoir et ce qu’on ne devrait pas faire ». C’est au cours de cette même année qu’il a été élu président de l’Association des Scolaires et Étudiants Handicapés du Bénin au sein de l’organisation estudiantine. Ainsi, s’ajoute aux traits du sportif, celui d’un homme très impliqué dans tout ce qu’il entreprend, d’autant plus « qu’il est question de défendre les droits des personnes handicapées ». Il est cependant une chose qu’il n’a pas pu poursuivre jusqu’au bout « Faute de moyens financiers, j’ai dû abandonner le droit pour continuer en anglais. Je tiens quand même à le faire et je sais que je le ferai »
Mistourath A. BACHABI & Vidjennagni MISSINHOUN (Stags)





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